Anoushka, réalisatrice porno et féministe


La rédaction 18 août 2017

En septembre 2017, la chaîne Canal + diffusera pour la première fois l’un des films pornographiques de la réalisatrice Anoushka : Gloria. Elle se définit comme une réalisatrice féministe mais non militante. Sa seule ambition : proposer des scènes X qui ne réduisent pas les femmes au seul rôle d’objet, objet de plaisirs des hommes ou objet de fantasmes. Pour Anoushka, le désir, le plaisir, la jouissance… Tous ces domaines appartiennent aussi aux femmes. Et c’est bien ce que sa caméra cherche à montrer…

Le porno, comment y êtes-vous venue ?

C’est une longue histoire… Ce que je connaissais du porno ? Pas grand-chose : un ou deux films vus avec mon copain, il y a quelques années et je n’avais pas du tout été emballée. Plus tard, grâce à ma double formation, l’une dans le cinéma, l’autre dans la communication, j’ai été embauchée par la chaîne Frenchlover TV. Après diverses activités dans cette chaîne, j’ai eu la chance de devenir directrice de production pour Ovidie.

C’est l’approche du porno façon Ovidie qui vous a donné envie de devenir réalisatrice à votre tour ?

Avec Frenchlover, j’ai d’abord découvert le plaisir de parler librement de sexe. De manière ouverte et détendue. Pour moi, c’était assez nouveau. Grâce à Ovidie et à son expérience, grâce à Erika Lust aussi, j’ai découvert une autre forme de pornographie qui n’avait rien à voir avec la pornographie traditionnelle des autres maisons de production.

Que reprochez-vous à ce style de films ?

Ils laissent peu de place à l’imaginaire et à l’imagination. Hélas, ils ne sont pas faits pour exciter les femmes. Les codes sont toujours les mêmes. On commence par une pipe, puis on poursuit par la pénétration et cela finit par une sodomie ou une double pénétration. On a l’impression de toujours voir la même chose.

C’est comment le porno selon Anoushka ?

J’aime filmer des scènes de baise avec une volonté de vérité et de naturel pour que les spectateurs puissent plus facilement s’identifier. Mes acteurs ne sont pas montés comme des chevaux, mes actrices n’ont pas des corps siliconés et complètement refaits. Elles ne sont pas obligatoirement épilées au niveau du sexe. Je veux des gens de la vraie vie et qui se laissent aller devant la caméra comme ils feraient l’amour s’ils étaient seuls chez eux. On n’a pas besoin de positions acrobatiques ni de prouesses sexuelles démesurées. Et puis, je m’intéresse à toutes les sexualités, hétéro, gay, lesbienne, trans et trav.

Du porno militant ? Féministe ?

Je dirais tout simplement du porno humaniste. Dans mes films, je mets les hommes et les femmes sur un plan d’égalité. Le sexe pour moi, et même en film, cela doit être des moments d’échange et de partage. Chacun a droit au plaisir. Il n’y a pas de femmes objets, ce sont aussi des femmes intéressées par leur propre jouissance. Le porno que je qualifie d’humaniste, c’est un regard différent avec sans doute plus de sensualité, d’esthétique, de lenteur dans le déroulement des scènes X. C’est important dans mon travail de réalisatrice qu’il y ait une histoire, d’insister aussi sur les préliminaires et sur les petits détails…

Les histoires de vos films, ce sont aussi des histoires vécues ?

Dans mes films, il y a toujours une part de vécu. Mais j’y mêle aussi de la fiction, mes propres fantasmes. Il y a toujours un mélange des trois.

C’est aussi le cas pour Gloria qui sera diffusé en septembre sur Canal + ?

Je suis très heureuse que Canal + ait accepté de diffuser ce film. Dans Gloria, il y a bien sûr un peu de moi. Jusqu’à 30 ans par exemple, je n’arrivai pas à ressentir d’orgasme dans les bras d’un partenaire. Je jouissais uniquement en me masturbant ou avec des sextoys. Et puis, j’ai découvert le plaisir à deux dans des circonstances très particulières. C’est un peu le même chemin que va suivre Gloria.

Vous vous occupez aussi très activement de votre site ?

Oui, j’y passe beaucoup de temps. Mes films sont mis en avant, mais le site, c’est bien plus que ça. Il y a une partie blog où je parle de tout ce qui touche à la sexualité. Je m’amuse même à faire des tests de sextoys car je trouve que les sextoys masculins ou féminins sont d’excellents moyens de pimenter sa vie intime. Que ce soit en solo ou en duo.

Le site d’Anoushka :

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La rédaction


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