Le sexe et le parfum


Clarisse Luiz 11 avril 2019

Perfume or not perfume ? Quel rôle joue-t-il dans la séduction et lequel choisir ?

Vous êtes en train de vous préparer à un rendez-vous galant et la question de savoir si vous devez vous parfumer vous turlupine ?

Pour Coco Chanel, la célèbre créatrice de mode, la réponse serait « oui » sans hésiter, elle qui affirmait : « Portez du parfum partout où vous voulez être embrassé ! ». Mais pour certains, rien ne vaut l’odeur naturelle. L’empereur Napoléon aurait été catégorique sur sa réponse : « c’est non ». Ce grand passionné par les odeurs corporelles avait écrit à sa chère Joséphine « Ne te lave pas, j’accours et dans huit jours je suis là. »

L’odeur sexuelle au microscope

Êtes-vous déjà entré dans une pièce en vous disant « hum, ça sent le sexe ! » ? Très certainement ! Mais n’oubliez pas que « le sexe » peut également être le résultat d’odeurs de synthèse recréées artificiellement.

C’est ce qu’avait essayé de prouver Roja Dove, un très célèbre créateur de parfum, à l’occasion de l’exposition « Seduced » pour un centre culturel londonien en 2007. Il expliquait les différentes notes qu’il avait utilisées au magazine GQ : « Le jasmin et l’ylang-ylang amènent beaucoup d’indole. Et nous, êtres humains, produisons de l’indole là où nous avons des poils pubiens, à la base de la tige pilaire. Et j’ai également utilisé un produit appelé scatol, qui, comme vous pouvez l’imaginer, est une vilaine molécule qui donne leur odeur aux excréments. Les parties génitales masculines comme féminines se trouvent juste à côté de l’anus, donc un soupçon de scatol en arrière-plan et vous y êtes. » 

Et alors, ces « substances », ça nous excite ?

On prête souvent des pouvoirs aux substances naturelles que nous diffusons par notre corps, calquant notre sexualité sur le fonctionnement reproductif de nombreux animaux. Jean-Baptiste de Panafieu et Jean-François Marmion l’expliquaient d’ailleurs très clairement dans Séduire comme une biche : « Beaucoup d’espèces émettent dans l’eau ou dans l’air des molécules qui sont perçues par ceux qui les entourent. Dans le domaine de la reproduction, ces substances constituent sans doute les signaux les plus puissants du monde animal. »

Et lorsqu’ils mentionnent ces fameuses substances, il s’agit alors d’en distinguer deux tout à fait différentes : les phéromones et les odeurs. Elles sont traitées par deux circuits de captation bien différents que l’on retrouve de même chez les animaux : le système phéromonal et le système olfactif.

Les phéromones sont sécrétées chez de nombreuses espèces dans les selles, sur la peau, dans la transpiration ou les urines, et ont pour but de favoriser la communication entre individus d’une même société. Elles permettent de renseigner non seulement sur la disponibilité sexuelle, mais aussi sur la position hiérarchique ou encore sur la délimitation d’un territoire, et, contrairement à quelques idées reçues, elles n’ont souvent rien à voir avec les parfums et sont dans la plupart des cas inodores.

Et chez les humains, on les détecte toujours ? Si on observe encore chez le fœtus la présence d’un système capable de la reconnaissance des phéromones (dont la forme est identique à celle des animaux), à l’âge adulte, celle-ci ne serait plus qu’un vestige ayant perdu sa fonction autonome.

Et pour les odeurs alors ? Ca fonctionne ?

Mais heureusement, il nous reste encore les odeurs ! Notre sens olfactif, lui, est encore bien là, et il entretient une relation privilégiée avec la fonction inconsciente du cerveau. Lucy Vincent, dans Comment devient-on amoureux ? expliquait : « Vous restez sceptique et vous êtes prêt à me rétorquer que l’odorat chez l’être humain n’est qu’un vestige de ce qu’il a été chez nos ancêtres singes et que l’homme n’a plus l’appareil nécessaire pour reconnaître quelqu’un par son odeur ? Les résultats montrent objectivement le contraire : nous en sommes encore capables, mais c’est une fonction dont nous ne sommes pas conscients. »

Ainsi, les messages olfactifs sont directement envoyés aux zones du cerveau liées à l’émotion, sans passer par la case « raisonnement ». Intéressant, non ?

Quelles seraient celles qui fonctionneraient le mieux ?

Dans pyschologies.com, à l’article  Ces parfums érotiques, on vous propose de « miser sur les notes animales (musc, civette, castoréum, ambre gris) qui renforcent l’attirance sexuelle en rappelant l’odeur de la peau pendant l’amour. Sans oublier les épices, les résines et certains accords chyprés. » Mais cela varie énormément d’un être humain à l’autre, en fonction de sa culture et de son expérience de vie. Il serait donc difficile de vous donner la recette miracle du parfum idéal.

Et comme la mémoire olfactive dure plus longtemps que la mémoire visuelle ou auditive, si vous souhaitez « marquer » votre relation dans le temps, mieux vaut rester fixé sur la même. Il n’est pas nécessaire de s’acheter du parfum hors de prix, cela peut être une eau de Cologne, un lait de corps parfumé ou même l’adoucissant d’une machine à laver. L’important c’est que cela se sente dans l’intimité. Et évidemment que cela vous ressemble. 

(Photo à la une : Getty Images)

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