Kilos en trop et libido…


Nadia RAKOTOARISON 30 septembre 2015

37 % de la population française vit avec une surcharge pondérale. Est-il possible de s’accepter avec ses rondeurs et de jouir d’une sexualité épanouie ?

les kilos en trop

23 millions de Français souffrent de surpoids

Que ce soit dans la presse écrite, à la télévision ou sur les panneaux d’affichage publicitaire, la minceur s’impose depuis longtemps comme une norme. Ces canons de beauté laissent peu de place à la rondeur, alors que plus d’un tiers de la population mondiale se trouve en surcharge pondérale, selon l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé). L’inadéquation entre les images véhiculées par les médias et la réalité engendre des difficultés d’ordre social, affectif et sexuel.

Une société sans pitié face au surpoids

Il est vrai que la surcharge pondérale conserve aux yeux du commun des mortels une image négative. Mais, comment se définit ce surpoids ? Il se calcule à partir de l’indice de masse corporelle, l’IMC, qui est égal au poids en kilos divisé par la taille en mètre au carré. Par exemple, pour 1 m70, avec un poids de 60 kg, on obtient un IMC de 20,76. Entre 25 et 30, on parle de surpoids. Au-delà de 30, il s’agit d’obésité, maladie à part entière qui représente un danger pour la santé. Que ces kilos superflus se soient accumulés avec les années, qu’ils résultent de grossesses, ou encore qu’ils remontent à l’enfance, le regard porté sur les personnes fortes reste le même, qu’il s’agisse d’hommes ou de femmes. L’exiguïté des transports et du mobilier urbain (bus, métro, avion, banc…), les regards en coin, les sourires moqueurs blessent leur quotidien. Dans ces conditions, il est difficile d’avoir une vie affective harmonieuse.

Le désir mis à mal par les complexes

La discrimination que connaissent les individus corpulents ou très corpulents, peut les entraîner sur la pente de la culpabilité et le rejet de leur propre corps. Souvent, ils en arrivent à censurer leur désir tant leur silhouette les complexe. Ils perdent confiance en eux et ne se sentent pas capables de séduire. Les médecins s’accordent à dire que de nombreux obèses, essentiellement des femmes, se servent de leur embonpoint comme d’un bouclier qui les “protège” d’une vie affective, en attendant qu’un nouveau régime leur permette de perdre ce surpoids. Heureusement, d’autres personnes parviennent à s’accepter tel(le)s qu’ils (elles) sont et vivent une vie sexuelle très sensuelle.

Accepter le désir de l’autre

Lorsqu’on ne s’aime pas, il est difficile de se laisser désirer par quelqu’un. Pourtant, tous les goûts sont dans la nature. Mais, la marginalisation des rondeurs freine parfois les individus dits “normaux” dans l’expression de leur désir pour les personnes corpulentes. Néanmoins, certains résistent aux pressions sociales en revendiquant leur attirance pour les femmes fortes. Il s’agit des “Fat Admirers”.
Cette attirance pour les femmes corpulentes est souvent perçue, dans nos sociétés contemporaines, comme une déviance ou une forme de fétichisme sexuel. En revanche, les hommes qui préfèrent les minces ne sont pas perçus comme des pervers. Une fois encore, l’imaginaire collectif impose ses standards. De la même façon, certaines femmes préfèrent les hommes forts. Tout cela est affaire de goût.
Au-delà des attirances physiques, si une femme ne s’aime pas, le fait qu’un homme la désire ne lui suffira pas à s’accepter. Elle ne comprendra pas que l’on puisse aimer un corps qu’elle- même déteste. Un travail sur soi avec un thérapeute approprié peut receler la solution pour apprendre à mieux vivre avec son corps. En revanche, si une l femme désire un homme, ce dernier ne se préoccupera plus vraiment de son image. La première fois, l’anxiété à l’idée de savoir comment sa belle le trouvera en tenue d’Adam le tenaillera, mais une fois qu’il sera rassuré, cette question sera oubliée. Une femme, en revanche, se la posera sans cesse.

Des difficultés “techniques”

Les difficultés varient en fonction de l’embonpoint. Hormis dans les cas d’obésité massive, les problèmes que l’on peut qualifier de “techniques” n’entrent pas en ligne de compte. C’est surtout l’image que l’on a de soi qui perturbe la libido. Cela peut entraîner une absence de désir, du vaginisme, des troubles de l’érection, des problèmes d’éjaculation précoce ou encore des difficultés à atteindre l’orgasme… Lorsque l’on est mal à l’aise avec son corps, l’anxiété et le stress rejaillissent au niveau sexuel. Cela se constate aussi chez des personnes minces qui sont complexées par leur corps. C’est donc avant tout une perception négative de soi qui perturbe les choses.
Lorsque le surpoids est tel qu’il handicape les mouvements, c’est une autre affaire. Caria, qui pèse 160 kg, en témoigne : “Du fait de ma corpulence, mon partenaire doit être soit très mince, soit très « équipé », car mes cuisses ne s’ouvrent presque plus. Les positions se limitent souvent à une ou deux…” Elle continue: “Une relation sexuelle entre deux personnes obèses se limite souvent à des caresses ou à des pratiques orales, puisqu’on ne peut pas s’emboîter. Il en va de même pour la masturbation, qui n’est pas toujours très aisée lorsque le corps entrave les mouvements.” Ces contraintes physiques peuvent être vécues comme autant de souffrances psychologiques.

Des pistes de soutien

Le soutien psychologique est efficace et fortement conseillé pour parvenir à s’accepter. Un suivi médical est recommandé lorsque la surcharge pondérale met en danger votre santé.
L’association “Allegro Fortissimo” lutte contre les discriminations dont sont victimes les individus de forte corpulence. Elle travaille à réconcilier ces personnes avec leur corps et leur image.

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