L’hépatite B sévit encore !


Antoine 23 avril 2015

Avant de complétement vous lâcher, au camping ou à la plage, avec des partenaires dont vous ne connaissez ni la sérologie, ni même le prénom, avez-vous pensé à vous faire vacciner ?

Grâce aux politiques vaccinales des années 1990, les Français et Françaises âgés de moins de 40 ans ont généralement été vaccinés contre l’hépatite B au cours de leur jeunesse et, si leur vaccin a bien fonctionné, ils n’ont pas de souci à se faire en ce qui concerne cette maladie puisqu’elle est très bien contrée par le vaccin. Par ailleurs, on sait actuellement qu’il n’y a pas besoin de faire de rappel lorsqu’on a été vacciné jeune. Mais il arrive souvent que des sujets un peu plus âgés et encore très actifs sur le plan sexuel soient passés « entre les mailles du filet ».

Être malade

Dans le monde, on estime que deux milliards de personnes sont concernées, dont 350 millions seraient porteuses d’une hépatite B chronique. Le virus se transmet par le sang, le sperme, les sécrétions vaginales ou la salive. Il y a donc risque de contamination principalement en cas de : rapports sexuels non protégés, piqûre avec une seringue contaminée (chez les toxicomanes ou le personnel médical), tatouage, piercing, scarification, coupures involontaires, griffures (rasoirs, coupe-ongles et brosses à dents contaminés). En France, ce sont les transmissions par voie sexuelle et par voie parentérale (injections avec du matériel contaminé) qui sont majoritaires.

« Heureusement », l’infection aigüe par l’hépatite B ne donne pas de manifestation apparente dans la majorité des cas. Seules 40 % des infections aiguës vont s’accompagner de symptômes : fatigue, perte de l’appétit, douleurs abdominales, nausées et vomissements, syndrome grippal. Plus rarement, ces symptômes peuvent s’associer à une jaunisse et une coloration foncée des urines. Que l’hépatite aigüe soit symptomatique ou non, elle va guérir spontanément en quelques semaines dans 90 % des cas et les éventuels symptômes vont disparaitre progressivement. Dans cette situation, la maladie disparait donc sans traitement et c’est a posteriori, à l’occasion d’une analyse de sang, que l’on apprend que l’on a été un jour infecté.

Dans de rares cas, l’hépatite B aigüe peut cependant être sévère, voire même atteindre le stade d’hépatite aigüe fulminante (moins de 1% des cas). Cette forme d’hépatite B aigüe est mortelle 8 fois sur 10 en l’absence d’une transplantation hépatique en urgence. Enfin, dans les 5 à 10% des cas, l’hépatite B devient chronique. Le virus persiste alors dans le sang, pendant des mois, des années, voire à vie. Ces formes chroniques s’accompagnent souvent de lésions du foie, menant à la cirrhose et au cancer chez 15 % à 25 % des porteurs chroniques.

Cher Ulysse…

Pour les voyageurs, la vaccination contre l’hépatite B est fortement recommandée pour les séjours fréquents et prolongés dans les pays à fort risque, c’est-à-dire essentiellement en Afrique Subsaharienne, en Asie, dans certains pays d’Amérique du Sud. Le danger sera évalué au cas par cas par le médecin, en fonction de la durée et des conditions du voyage. Le schéma vaccinal classique comprend deux injections à un mois d’intervalle et une troisième 6 à 12 mois plus tard. En cas de départ rapide, il existe un protocole accéléré. Si vous êtes adepte des sports à contact, il est également recommandé de faire le vaccin.

Controverse sur le vaccin

Faut-il se faire vacciner ou pas ? Depuis la fin des années 1990, suite à certains effets indésirables constatés, une communication très mal gérée de la part du ministère de la santé et une impossibilité de répondre fermement à certaines questions (notamment sur la sclérose en plaques), le vaccin de l’hépatite B a mauvaise réputation. Rappelons tout de même que ces vaccins sont toujours plus performants avec des doses de moins en moins fortes, même s’il est admis qu’ils peuvent induire des formes d’arthrites, des érythèmes et plus rarement, des soucis vasculaires. Enfin, n’imaginez surtout pas que le vaccin dispense de préservatif lors de vos rapports avec des inconnu(e)s, car l’hépatite B n’est pas la seule maladie sexuellement transmissible !

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