Les étudiants n’ont plus peur du sida… Mais ils devraient!


Antoine 29 avril 2015

Les professionnels de santé tirent le signal d’alarme : les étudiants portent de moins en moins la capote ! Mais… Pourquoi ?

Celles et ceux qui ont grandi au cours des décennies 1980, 1990 entendaient souvent parler du sida avant même d’avoir commencé leur sexualité. Devant de telles campagnes de prévention, la réaction qui s’ensuivait chez ce jeune public impressionnable était traditionnellement la suivante : une grande peur gravée au fer rouge au fond de la mémoire sensuelle. À tel point que la question de la sexualité évoquait presque forcément celle du virus de l’immunodéficience humaine (VIH). Si le sexe était comme un cadeau de Noël fait à l’espèce humaine, le père Fouettard, c’était le sida ! Alors comme ça, vous voudriez faire l’amour sans capote, bande de petits chenapans ? Vous trouveriez ça sacrement plus agréable, hein ? Eh bien, pensez un peu à la fin de Freddie Mercury ou à ce pauvre Tom Hanks dans Philadelphia… Alors, toujours envie de vous passer du latex ? L’on schématise à dessein, cependant pour beaucoup d’entre nous, l’éducation sexuelle se limitait à la grande frousse de la contamination, au fonctionnement des organes reproducteurs et à un petit porno sur Canal+ tous les premiers samedis du mois.

Même pas peur

Oui mais voilà, ça c’était avant, car à présent au sein des jeunes populations, le sida effraie à peine. On pense (un peu vite) que les traitements rendent la maladie moins dangereuse et on connaît rarement quelqu’un qui en est mort, alors on se contente de la pilule ou de l’implant, songeant plus à la contraception qu’aux infections sexuellement transmissibles (IST). Ainsi, les « nouveaux » jeunes ont de moins en moins recours au préservatif. Résultat, les 30% d’étudiants qui en 2013 déclaraient ne jamais en porter étaient encore 3% de plus en 2014. On peut désormais le dire : un étudiant sur trois ne se protège pas lors de ses rapports.

Une autre étude, américaine celle-là, vient compléter le tableau. Dans le contexte outre-Atlantique, plus les jeunes viennent d’un milieu favorisé avec un niveau d’éducation élevé, moins ils se sentent concernés par les IST. Ces jeunes loups bardés de diplômes considèrent apparemment le campus comme un îlot de tranquillité exempt des vilaines maladies qui affligent le reste du monde.

Une question de confiance

Au-delà de la diminution du plaisir fréquemment invoquée pour expliquer le non-recours au capuchon, on voit donc émerger l’idée de la confiance. Classiquement, on se protège au cours des premiers rapports avec le ou la partenaire, puis on se relâche… Mais pas toujours en effectuant un test de dépistage et c’est bien là que le bât blesse, car on se retrouve ainsi tout aussi exposé qu’avec un(e) nouveau partenaire.

Selon les professionnels de santé dans les hôpitaux, c’est également le piège dans lequel tombent les jeunes quinquagénaires (surtout des femmes) qui cherchent à refaire leur vie après un divorce et qui n’ont pas le réflexe préservatif : elles font confiance à leurs nouveaux partenaires plus jeunes qui sont parfois infectés sans le savoir… Et comme elles ne pensent pas spontanément au VIH, elles sont diagnostiquées tardivement. Elles apprennent, malheureusement un peu tard, ce que la génération des trentenaires et quadragénaires d’aujourd’hui a appris à grands coups de campagnes de prévention au lycée : en matière d’IST, la confiance se gagne en faisant un test de dépistage. On peut même y voir la preuve d’un amour sincère et partagé en toute quiétude.

Étiquette:

Réagir à cet article

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

kemoil.ru