TUP : une appli pour se protéger


Antoine 29 avril 2015

Les étudiants se protègent de moins en moins et les chiffres de contamination à VIH prennent des tournures inquiétantes en France ainsi que dans toute l’Europe… Saurez-vous trouver un préservatif dans l’urgence du désir ? Votre smartphone pourrait vous sauver la vie.

Une étude commandée par la mutuelle étudiante SMEREP a mis en évidence une statistique effrayante : 30% des étudiants ne se protègent pas lors des rapports sexuels et seulement 41% d’entre eux utilisent systématiquement le préservatif. La peur dans laquelle toute une génération a dû grandir et s’éduquer sexuellement est évidemment très pesante et on s’en serait bien passé. Mais voilà, les chiffres demeurent : environ 6 100 découvertes de séropositivité ont été relevées en France en 2011 et les chiffres restent désespérément stables depuis 2008, alors qu’ils avaient diminué significativement entre 2004 et 2007. Aujourd’hui, on peut le dire : le nombre de contaminations ne baisse plus du tout, au contraire, la pente est inquiétante. Pour mémoire, 2,3 millions de personnes vivent avec le VIH en Europe et on dénombre plus de 120 000 nouvelles infections sur la seule année 2011. Entre 2004 et 2011, le taux de nouvelles infections par le VIH en Europe a augmenté d’environ 16 %. Pire, on estime que la moitié des personnes séropositives en Europe ne savent pas qu’elles sont porteuses de la maladie. Dans l’Hexagone, 30 000 personnes ignorent leur infection par le VIH. Notre pays n’est pas vraiment exemplaire en la matière puisqu’il se se situe au deuxième rang des pays européens pour le nombre de nouveaux cas par an. Les groupes les plus touchés sont les hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes (40% des diagnostics, en augmentation surtout chez les moins de 25 ans) et les personnes des deux sexes ayant des rapports hétérosexuels (57% des diagnostics, en particulier chez les plus de 50 ans).

Un outil simple et malin

Forte de ces constatations alarmantes l’association HF Prévention a lancé en 2014 l’application gratuite pour smartphone : trouverunpreservatif.fr. Il s’agit en réalité d’un système de géolocalisation très simple. Une fois que vous avez téléchargé l’appli, votre téléphone se charge de vous indiquer les distributeurs de préservatifs les plus proches à chaque fois que vous le lui demandez (pharmacie, distributeur, tabac/presse, grande surface, etc.). Mais ce n’est pas tout, l’outil vous permettra aussi de vous informer sur les centres de dépistage VIH autour de vous. « TUP » (Trouver Un Préservatif) délivre également des conseils relatifs à l’utilisation du préservatif : mode d’emploi, conduite à tenir en cas de rupture du préservatif et adresses des centres référents pour le traitement en urgence. On sait aujourd’hui que grâce à un diagnostic précoce, une personne de 35 ans infectée par le VIH peut avoir une espérance de vie de 30 années supplémentaires. Malin, comme l’application est participative, chaque utilisateur a la possibilité d’ajouter de nouveaux points de vente ou d’en retirer. Après vérification, ces nouvelles données sont partagées.

Une bonne connaissance du terrain

HF Prévention, dont nous parlons régulièrement dans kemoil.ru a une immense expérience du terrain et connait bien le problème des publics cachés, particulièrement exposés au risque. Il s’agit notamment des HSH non protégés (Hommes ayant des relations Sexuelles avec d’autres Hommes) et qui, ne se vivant pas comme « gays » ou « homosexuels », ne font pas partie des communautés classiquement ciblées lors des campagnes de dépistage. Selon l’association en 2014, parmi les personnes dépistées sur le terrain, 86.34% avaient eu une prise de risque avec un partenaire dans le cadre d’un rapport hétérosexuel et 16.07% avaient eu une prise de risque avec un partenaire dans le cadre d’un rapport HSH. Enfin, 82.79% avaient eu un rapport sexuel non protégé et 44.89% des personnes déclaraient avoir des rapports multipartenaires. Hormis les traitements, protection et dépistage constituent toujours le seul espoir contre le VIH et il a été constaté qu’un test positif réduit de 60 à 80% les comportements à risque.

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